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Respire

La respiration va permettre un rapport au corps différent. Respirer en conscience va permettre d'ouvrir le dialogue avec lui, de le ressentir, de l'alimenter aussi, en oxygène bien sûr, mais également en intentions, en apaisement.


Qui de plus qualifié pour en parler qu'un apnéiste champion et recordman du monde, Guillaume Néry :

« Vous allez réapprendre à parler le langage de votre corps, vous allez réamorcer un dialogue intime depuis longtemps disparu, vous allez embarquer pour votre plus beau voyage, le voyage intérieur. Quand on plonge sous la surface de l’eau et dans les profondeurs de son être, il faut être prêt à des bouleversements profonds : on mange mieux, on dort mieux, on vit mieux… L’apnée, école de vie. Et dans ce long parcours qui sera tout sauf un long fleuve tranquille, à l’image de l’existence, vous rencontrerez des difficultés auxquelles vous devrez faire face sans jamais les éviter, mais en les embrassant comme une occasion inespérée d’apprendre et de progresser. Dans cette jungle d’obstacles, la recherche du plaisir doit être votre seule liane. L’apnée entretient un rapport étroit, passionnel, dangereux avec les chiffres : temps, distance ou profondeur, vous serez happés par eux. Même s’ils sont un repère de votre progression et une source de motivation évidente, veillez à toujours garder une certaine distance avec eux. Leur venin insidieux se mêle à votre plaisir et risque de l’empoisonner. Quand le rapport aux chiffres se mue en obsession, il en est fini de votre plaisir et très vite de votre progression. Alors gardez toujours en mémoire le « pourquoi », plutôt que le « combien », et je vous promets un bonheur éternel dans cet art de vivre qu’est l’apnée. »

Guillaume Néry, champion du monde d’apnée, préface du livre l’Apnée, techniques, secrets et philosophie de la plongée libre, de Nik Linder et Phil Simha, éditions Glénat.

« Et dans ce long parcours qui sera tout sauf un long fleuve tranquille, à l’image de l’existence, vous rencontrerez des difficultés auxquelles vous devrez faire face sans jamais les éviter, mais en les embrassant comme une occasion inespérée d’apprendre et de progresser. »

L’existence résumée en une phrase… Guillaume Néry parle ici des chiffres et des progressions dans sa discipline, mais on pourrait rapporter ces mots aux chiffres sur la balance ou au comptage des calories, au rapport à la nourriture, à son poids, à son corps : « […] vous serez happés par eux. Même s’ils sont un repère de votre progression et une source de motivation évidente, veillez à toujours garder une certaine distance avec eux. Leur venin insidieux se mêle à votre plaisir et risque de l’empoisonner. Quand le rapport aux chiffres se mue en obsession, il en est fini de votre plaisir et très vite de votre progression. Alors gardez toujours en mémoire le « pourquoi », plutôt que le « combien », et je vous promets un bonheur éternel […] ».

Autrement dit, gardons en mémoire le « pourquoi » nous mangeons, plutôt que le « combien » … On pourrait aussi introduire la notion de « comment » nous mangeons : dans quelles conditions, suis-je stressé ? Pressé ?...


Manger en pleine conscience (MB eat) va permettre l’approche de ce concept.

La pleine conscience a non seulement fait ses preuves sur le plan scientifique (elle est d’ailleurs enseignée dans plusieurs diplômes universitaires en France et appliquée dans certains hôpitaux), mais c’est aussi un mode de vie pratiqué par de nombreux apnéistes. Leur discipline demande une grande capacité à se détendre, pourtant dans un contexte anxiogène pour l’organisme, puisque privé d’oxygène.

Les auteurs du livre l'expliquent : « La progression en apnée dépend autant d’un entraînement régulier que des pratiques mentales : il ne faut pas parler de retenir notre souffle et d’une victoire sur le corps, mais plutôt évoquer une pause dans la respiration et un dialogue avec le corps. Les pensées pour moi-même de l’empereur et philosophe romain Marc Aurèle (180 apr. J.-C.) correspondent parfaitement à l’apnée : « contente-toi de t’occuper du présent […] ne t’agite pas à la pensée de tous les événements, qui, selon toute probabilité, peuvent t’assaillir encore. Contente-toi dans chaque occurrence de t’occuper uniquement du présent, et demande-toi : Est-ce qu’il y a dans ce qui m’arrive quelque chose de vraiment intolérable, et que je ne puis endurer ? »

Ils poursuivent : « Dans la préparation à l’apnée, un état de conscience similaire à celui de la méditation s’installe spontanément. Pour atteindre cet état, la respiration de relâchement est elle-même méditative. Il s’agit d’une approche en pleine conscience, avec l’appui éventuel de techniques de visualisation qui nous permettent de ressentir le passage de l’air frais dans le nez, la trachée, les bronches et les poumons, avant de percevoir le souffle chaud qui parcours le chemin inverse. La respiration abdominale est la manière la plus efficace pour engendrer cet état : seule la respiration occupe l’esprit, on se nourrit de pensées positives à l’inspiration, tandis que toutes les tensions – psychiques ou physiques – sont diluées dans l’expiration ».

Ainsi, la respiration et l’état de pleine conscience amènent ces personnes hors du commun à être en parfaite collaboration avec leur corps et à réaliser de grandes performances. Cependant, ces pratiques peuvent être grandement utiles pour chacun d'entre nous dans la vie quotidienne. Nul besoin de retenir son souffle comme le font les apnéistes. Leur pratique demande de grandes technicités et n'est bien sûr pas à reproduire sans l'encadrement de personnes habilitées. Mais simplement se concentrer sur sa respiration, lente et profonde, permettra de se relaxer, de se recentrer sur soi, sur son corps, c'est un lâcher prise, qui amènera une relation différente face à nos émotions et la gestion du stress.

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