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Bien dans sa peau

Mis à jour : 3 oct. 2020

Bien dans sa peau, bien dans ses baskets. Et si on prenait ces expressions au pied de la lettre ?

Être bien dans sa peau pourrait alors signifier littéralement habiter sa peau, habiter son corps, être et vivre en conscience, être présent à soi, à l’intérieur de soi, être bien implanté dans ses baskets. Cela pourrait en fait se résumer en un seul mot : ÊTRE.


On pense souvent qu’être bien dans sa peau signifie avoir une apparence physique correspondant à l’idéal que l’on s’en fait. Si à l’inverse, ce trait physique diffère de ce que l’on souhaiterait, on est alors mal dans sa peau…

La haine du corps ne s’arrête pas à une apparence physique. On peut être mince et détester son corps. On peut être en surpoids, perdre du poids, et continuer à détester son corps. Tant qu’on ne l’intègre pas pleinement, quelle que soit sa forme, il sera difficile de l’aimer…


Les personnes qui ne sont pas bien dans leur peau, bien implantées, et donc qui ne s’aiment pas sont tournées vers l’extérieur. Elles se soucient du regard des autres, du jugement des autres, s’adonnent en retour au jugement… Elles vont avoir une représentation, des schémas cognitifs dysfonctionnels du corps, de soi, de sa relation aux autres. En revanche, en se tournant vers soi, en intégrant son propre corps et ses ressentis physiques, émotionnels ou intuitifs, l’extérieur importe peu… La pensée collective, les « normes sociales » importent peu…


La course au corps parfait est partout, s’accroît avec les réseaux sociaux, et augmente d’autant plus ce sentiment d’imperfections qui engendre le malaise. Ce malaise menant à une lutte permanente pour coller à une hypothétique « norme sociale ». Cette course effrénée est usante, fatigante, étouffante… Pourquoi s’infliger cela ? Se libérer de cette « norme », se détacher de la pensée collective, se réjouir de son unicité, est une première étape pour se retrouver Soi. C’est en se libérant de cette haine de soi, en se laissant enfin tranquille, qu’on s’affirme comme on est, et qu’on s’ouvre véritablement aux autres et à la vie, dans un rapport sain.

La physiologie et la biochimie nous montrent à quel point le corps humain est une machine complexe, qui cache encore de nombreux secrets. Le corps humain est une Intelligence à lui tout seul.


Prendre conscience de cette Intelligence du corps, c’est lâcher prise, lâcher l’emprise que l’on cherche à avoir sur lui. Accepter que l’on ne sache pas tout, que l’on ne comprenne pas forcément sa démarche. S’il se forge une « carapace », peut-être a-t-il une bonne raison ? Psychologique ? Métabolique ? Hormonale ? Est-ce que le priver de nourriture est la solution ? Manger n’est-il pas un processus physiologique normal et propre à la vie ?

Le système nerveux autonome n’a pas besoin de notre mental pour savoir ce qu’il a à faire. Des milliards de réactions métaboliques ont lieu chaque jour, sans que nous nous en rendions compte. Le corps s’adapte en permanence dans un seul et unique but : la vie.


Peut-être pouvons-nous commencer par le remercier pour cela, lui être reconnaissant, ne pensez-vous pas ? Peut-être pouvons-nous faire la paix avec lui ? Et si on offrait des cadeaux à ce corps tant méritant : un bain chaud aux huiles essentielles relaxantes, un auto-massage bienveillant avec une crème parfumée, une séance de yoga, de la cohérence cardiaque (technique de respiration), des étirements, un brossage à sec, une marche active dans la nature, une petite danse improvisée, etc… Le corps apprécie la mise en mouvement.


Les blessures, les expériences à priori négatives vécues dans l’enfance vont amener à une dissociation corps-esprit. C’est un mécanisme de défense. La plupart des troubles psychologiques est liée à l’évitement de l’expérience. Or, le fait de vouloir éviter une émotion pénible ou une douleur est contre-productif. En prendre conscience, c’est déjà ramener la conscience à soi.


Reconnaître qu’on maltraite son corps est une première étape. Le dire, l’écrire… C’est une première pierre de poser.

Être bien dans sa peau, c’est être connecté à Soi. Cela peut demander de l’entrainement, car c’est un changement total d’angle de vue. C’est le rapport au corps qui change, pas le corps. Apprendre à accueillir et à accepter permet ce changement. Apprendre à ressentir aussi, même si ça fait mal. Apprendre à se focaliser sur les pensées utiles et adaptées au contexte du moment présent.


Ainsi, des techniques, comme la méditation de pleine conscience, aident à se (re)trouver. Cette pratique a été l’objet de nombreuses études scientifiques et a fait ses preuves en neuroscience. C’est une attitude que l’on cultive, consistant à observer ses pensées automatiques et diriger son attention sur ce qui est, sans jugement. Avec le temps vient alors l’acceptation, l’accueil, la confiance. Et la vie devient alors différente. Le champ des perspectives s’élargit. Il n’y a pas de combat à mener contre soi-même, ni contre ce qui est. Quel soulagement !


La présence est donc un présent à se faire… L’accueil de soi dans son entièreté, faire corps avec son corps est une clé. Nous avons le choix de la saisir ou pas. Mais selon moi, cela vaut la peine d’essayer…

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